Nexx fabrique bien ses casques intégralement au Portugal, dans une seule usine où sont réalisées toutes les étapes, de la préparation des fibres à l’homologation finale. Ce choix permet de contrôler la qualité, d’assurer la traçabilité et de réagir rapidement aux problèmes, mais il se traduit aussi par des coûts plus élevés que la production délocalisée. L’usine emploie environ 270 personnes et produit près de 100 000 casques par an, distribués dans une soixantaine de pays.
Pourquoi maintenir une production complète en Europe ?
Produire localement ne relève pas uniquement du patriotisme industriel. Pour Nexx, garder toutes les étapes sur place signifie garantir que chaque casque respecte les normes européennes de sécurité et que les fournisseurs répondent aux mêmes exigences environnementales. Cela facilite aussi les contrôles qualité immédiats et les ajustements en cas de défaut.
Ce modèle présente des limites concrètes. Les coûts salariaux et les charges sont plus élevés qu’en Asie, ce qui pèse sur le prix final. L’usine a déjà montré sa vulnérabilité lorsqu’un incendie a détruit une partie du site en 2018, mais la capacité de relancer la production rapidement a souligné l’intérêt d’une chaîne courte et d’une maîtrise interne des savoir-faire.
Comment la coque d’un casque est-elle fabriquée ?
Les matériaux et la logique des circuits courts
La coque peut être en fibre de verre, en fibre de carbone ou en thermoplastique. Chez Nexx, la plupart des matières premières viennent du Portugal et jusqu’à 95 % proviennent de fournisseurs situés à moins de 50 kilomètres de l’usine. Cette proximité simplifie la logistique et permet un meilleur suivi des composants.

Les feuilles de fibre sont coupées et empilées manuellement avant d’être appliquées sur des moules. Pour les modèles en thermoplastique, la coque est formée par injection, méthode automatique moins coûteuse mais différente dans le rendu et les performances.
Cuisson, ponçage et contrôles
Après le montage des couches de fibres, les moules sont imprégnés de résine puis chauffés à environ 120 °C à l’aide d’un ballon interne qui applique une pression uniforme. Ce procédé garantit une cuisson homogène de la coque. Les opérateurs retirent ensuite les résidus, appliquent plusieurs couches de finition et effectuent du ponçage manuel pour lisser la surface. Ces étapes expliquent en grande partie la différence de prix entre une coque en fibre et une coque en plastique.
Peinture, assemblage et aspects humains de la production
La finition reste largement artisanale. Les teintes de base peuvent être posées par machine, mais les détails, lignes et dégradés sont souvent réalisés à la main par des peintres spécialisés. L’assemblage final réunit la visière, l’EPS, les sangles et les rembourrages. L’EPS est une mousse interne qui absorbe l’énergie lors d’un choc et joue un rôle essentiel dans la protection.
Des postes critiques fonctionnent en continu pour ne pas interrompre certains cycles qui doivent rester homogènes. Cette organisation montre qu’une partie importante de la valeur ajoutée d’un casque provient du travail humain et du contrôle rapproché.
Tests et homologation réalisés sur place
L’usine intègre sa propre salle d’essais pour simuler les chocs et vérifier la résistance des coques. Ces tests permettent d’obtenir l'homologation européenne ECE 22.06, qui fixe les critères de sécurité et d’essais pour les casques. Avoir les bancs d’essai sur site réduit le délai entre détection d’un problème et mise en œuvre d’une correction, ce qui est un vrai avantage lorsque la sécurité est en jeu.

La proximité entre conception, production et tests facilite l’itération sur les modèles. Si un défaut est détecté, il est possible de modifier un moule ou un process en quelques heures plutôt qu’en semaines.
Durabilité et gestes concrets pour réduire l’empreinte
Produire en Europe implique des contraintes environnementales plus strictes, et Nexx met en avant des choix concrets comme la suppression d’une colle pour fixer l’EPS, ce qui permet d’économiser environ 8 tonnes par an. Le recours à des fournisseurs proches réduit les transports et favorise des pratiques de production plus responsables.
Cependant, même une production locale n’annule pas tout impact environnemental. Le choix des matériaux et la durée de vie du produit restent des paramètres déterminants. Un casque durable et bien entretenu aura un bilan plus favorable qu’un modèle jetable malgré son origine.
Que vérifier si vous envisagez d’acheter un casque fabriqué en Europe ?
Voici quatre points simples à contrôler avant d’acheter :
- La conformité aux normes, par exemple l’homologation ECE 22.06.
- L’origine des composants si la traçabilité vous importe.
- Le type de coque et ses conséquences sur le poids et la résistance.
- Les conditions de garantie et la disponibilité des pièces détachées.
Si vous testez un casque en magasin, vérifiez l’ajustement, la ventilation et la tenue de la visière en mouvement. Privilégiez un modèle qui s’adapte bien à la forme de votre tête plutôt que celui qui vous plaît uniquement pour son design.
Décidez en connaissance de cause
Choisir un casque produit entièrement en Europe revient à échanger un prix souvent plus élevé contre une traçabilité, un contrôle qualité rapproché et une capacité d’adaptation rapide. Pour agir maintenant, commencez par vérifier l’homologation du casque qui vous intéresse, demandez des informations sur l’origine des matériaux et essayez-le pour confirmer l’ajustement. Ces gestes simples vous aident à transformer les arguments marketing en décisions concrètes et adaptées à votre pratique.
