Amazonas : la Goldwing brésilienne qui va vous étonner

par adm
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Atelier en plein jour avec cadre de moto ancien et bloc-moteur posé sur une table

L’Amazonas est une grande moto brésilienne conçue à la fin des années 1970 autour du moteur Volkswagen 1584 cm3 de la Coccinelle, produite pour répondre à des contraintes économiques et à des besoins de service public. Conçue pour être assemblée localement afin d’éviter les taxes à l’importation, elle pesait près de plus de 400 kilos, développait environ 50 ch avec deux carburateurs et a vu une production limitée à quelques centaines d’exemplaires avant d’être abandonnée à la fin des années 80.

Pourquoi cette moto est née au Brésil ?

Dans les années 70, le Brésil appliquait des règles favorisant la production locale et taxant lourdement les importations. Le pays assemblait déjà la Volkswagen Coccinelle depuis les années 50, ce qui rendait son moteur facile d’accès et exonéré des mêmes restrictions. Des administrations comme la police avaient besoin de machines robustes et réparables sur place, et l’idée de monter un moteur automobile sur un châssis de moto s’est imposée comme une solution pragmatique.

Chaîne d'assemblage d'usine moto ancienne illustrant production locale
Production locale et règlements des années 70 ont façonné la naissance de l’Amazonas.

Ce choix n’était pas motivé par une recherche purement technique mais par des contraintes d’emploi, d’industrie locale et de coût. L’Amazonas illustre comment des décisions économiques nationales peuvent orienter la conception d’un véhicule jusqu’à la rendre unique.

Quelle est la mécanique et quels compromis techniques cela entraîne ?

Le moteur utilisé est un moteur à plat quatre cylindres, configuration dite « flat‑4 » qui provient directement de la Coccinelle. Expliquer simplement, ce type de moteur a les cylindres opposés horizontalement, ce qui baisse le centre de gravité mais garde la masse et l’inertie d’un bloc automobile.

Moteur flat‑4 posé sur un établi montrant cylindres horizontaux opposés
Le moteur flat‑4 de la Coccinelle adapté sur une moto explique le centre de gravité bas et la masse élevée.

Adapter un moteur de voiture à une moto impose des compromis. La puissance disponible arrive avec beaucoup de poids et peu de tempérament au régime élevé, là où les moteurs de moto modernes excellent. L’Amazonas affichait une puissance autour de 50 ch avec deux carburateurs, suffisante pour atteindre environ 170 km/h en pointe, mais la masse totale proche de 410 kg rendait la machine lente à changer de cap et sensible aux vents latéraux.

Les variantes produites et leur usage

Les constructeurs ont essayé plusieurs formules pour rendre l’Amazonas plus polyvalente. Certaines versions avaient le moteur « bridé » à environ 38 ch pour des usages où l’économie et la longévité primaient. D’autres étaient fortement carénées avec des valises latérales pour le tourisme, tandis qu’une déclinaison plus sportive proposait un profil aérodynamique amélioré.

La police brésilienne a équipé ses services avec ces motos, attirée par la robustesse et la facilité d’accès aux pièces du moteur VW. Malgré cela, les forces de l’ordre ont fini par remplacer l’Amazonas par des modèles plus maniables et modernes assemblés localement.

Pourquoi la production est restée limitée ?

Plusieurs facteurs ont contribué à l’échec commercial de l’Amazonas. Le poids élevé et la tenue de route médiocre dans certaines conditions ont limité son attractivité auprès du grand public. La sensation de conduite restait trop éloignée des attentes d’une moto classique et la comparaison avec des « motomobiles » mieux conçues n’a pas joué en sa faveur.

Le contexte économique a aussi évolué et l’industrie brésilienne a progressivement intégré des modèles venant d’usines locales d’autres marques. Au total, la production n’a concerné que quelques centaines d’exemplaires, un chiffre confirmé par des revues spécialisées d’époque.

Où en est l’Amazonas aujourd’hui et quelles motos lui ont succédé ?

Les exemplaires survivants sont désormais des curiosités pour collectionneurs et musées. Les usages opérationnels ont été remplacés par des machines plus légères et modernes. Aujourd’hui la police brésilienne utilise des modèles tels que la Yamaha XT 660, la Honda NC750X, la Suzuki V‑Strom 650 ou la Triumph Tiger 900, choisis pour leur maniabilité, leur polyvalence et leur disponibilité locale.

L’Amazonas garde une place singulière dans l’histoire motocycliste du Brésil comme exemple d’une solution technique née d’une contrainte économique et administrative plutôt que d’un pur cahier des charges sportif.

Si vous croisez une Amazonas, comment l’évaluer et quoi vérifier ?

Pour un collectionneur ou un amateur curieux, l’achat d’une Amazonas demande de la méthode. Voici une courte liste de points pratiques à contrôler avant toute décision.

  • Vérifier l’état du moteur et les fuites d’huile, car il s’agit d’un bloc automobile lourdement sollicité.
  • Contrôler la corrosion du cadre et des supports, le poids important accentue l’usure structurelle.
  • Inspecter la transmission et la liaison moteur‑roue, adaptations maison peuvent exiger des pièces spécifiques.
  • Demander l’historique administratif et l’usage antérieur, la provenance policière implique souvent une usure soutenue.

Si vous envisagez une restauration, anticipez la recherche de pièces et le travail d’adaptation mécanique. Restaurer une Amazonas n’est pas comparable à remettre en état une moto courante, mais pour qui aime les projets atypiques, elle offre une histoire et une personnalité rare.

Premiers pas si vous voulez en savoir plus ou acquérir une Amazonas

Commencez par chercher des photos d’origine et des documents d’immatriculation pour confirmer l’authenticité. Contactez des clubs de motos anciennes et des spécialistes de mécaniques VW pour des conseils techniques. Enfin, évaluez clairement votre budget en tenant compte du coût des pièces et de la main‑d’œuvre spécialisée. Une visite avec un mécanicien familier des moteurs Volkswagen vous donnera rapidement une idée réaliste de l’état et des travaux nécessaires.

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